Les algues sont consommées par l’homme depuis la nuit des temps, surtout en période de famine, et sur tous les continents. Cependant, certains peuples ont oublié leurs bienfaits, alors que d’autres ont continué à les consommer tant pour leurs richesses nutritives que médicinales. Aujourd’hui, dans le monde occidental, l’heure est à la redécouverte de cet aliment considéré comme l’un des plus complets pour notre espèce.
On trouve les algues dans les océans et les mers, alors que les micro-algues se nichent dans des lacs. C’est dans les années 1960 qu’elles refont leur apparition en Occident. La macro-algue est réintroduite dans notre alimentation via la diététique macrobiotique. Les bienfaits thérapeutiques de certaines micro-algues ressurgissent. Bien que la spiruline et la chlorella aient été découvertes vers la fin du xixe siècle, ce n’est qu’au cours des années 1960 - 1970 que l’on commence à les utiliser à des fins thérapeutiques. Puis, lors de recherches scientifiques sur la malnutrition en Afrique, on constate que la tribu des Kanembous, qui se nourrit d’une galette verte appelée « dihé », ne souffre pas de malnutrition. Les scientifiques remarquent alors la présence de spiruline dans leur alimentation. C’est ainsi qu’ils découvrent l’un des aliments les plus complets pour la santé humaine. En 1957, un institut de recherches japonais choisit de développer la chlorella, pour sa forte teneur en protéines, afin de nourrir le peuple japonais. Mais c’est seulement depuis les années 1970 qu’elle est rendue digeste à 80 %, grâce à un procédé qui consiste à éclater sa membrane cellulaire. À partir de ces avancées, on voit se multiplier des fermes d’algoculture de spiruline et de chlorella. Vers la fin des années 1970, un enseignant expérimente les bienfaits d’une algue recouvrant un lac de haute altitude, situé au sud de l’Orégon aux États-Unis. Des études scientifiques illustrent les vertus curatives uniques de cette algue bleu-verte, dite Aphanizomenon Flos-Aquae – AFA – ou « algue du lac Klamath ».
Les propriétés nutritives des algues
Tandis que les méfaits des pesticides et autres produits de synthèse, issus de l’industrie agroalimentaire, ont des conséquences aggravantes sur la santé, les propriétés nutritives des algues obtiennent d’excellents résultats. Au-delà de l’apport nutritif nécessaire à notre organisme, certaines algues vont pouvoir éliminer des métaux lourds, tels que le plomb, le mercure, le cadmium. À l’inverse, les légumes cultivés sous serre, hors sol et en dehors de leur saison respective, n’apportent que des carences.
Le plein d’acides aminés
Tous les acides aminés sont présents dans la plupart des algues. La valeur protéique des algues alimentaires représente de 5 à 47 % de la masse sèche. Celle des micro-algues, telles que la chlorella, l’AFA et la spiruline, oscille entre 45 et 70 %. La teneur en glucides varie considérablement entre les macro-algues et les micro-algues. Les glucides contenus dans les algues alimentaires sont en nombre beaucoup plus important et sont principalement composés de fibres solubles. Ce qui donne un effet coupe-faim et entraîne une action laxative douce et non irritante. De plus, ce mucilage créé par ces algues permet de faire des pansements gastriques et d’obtenir une cicatrisation de la paroi intestinale. Très pauvres en lipides, 1 à 5 %, les macro-algues sont cependant pourvues d’acides gras de qualité, tels que les omégas 3 et 9, dont l’EPA que l’on trouve surtout chez l’animal. Aussi, les micro-algues, qui renferment une plus grande quantité d’acides gras, 5 à 16 %, sont constituées d’omégas 3, 6, 9, d’EPA et de DHA.
Un cocktail de vitamines...
Les macro-algues contiennent les vitamines A, B1, B2, B3, B12, C, E, K, dont les propriétés participent au bon fonctionnement des systèmes nerveux et anti-inflammatoires, fournissent des antioxydants à l’organisme, préviennent les maladies cardio-vasculaires et apportent un équilibre hormonal. Les algues alimentaires détiennent une forte teneur de vitamine B12, indispensable au métabolisme du fer et à la formation des globules rouges, alors que la pluart des végétaux terrestres en sont dépourvus. Quant aux micro-algues, la plupart renferment des vitamines, à l’exception de la spiruline, carencée en vitamine C. Cependant, qu’il s’agisse de macro- ou de micro-algues, une vitamine vient à manquer, nécessaire à l’absorption du calcium et du phosphore : la vitamine D.
... mais aussi de minéraux
La majorité des algues alimentaires procurent calcium, magnésium, fer, iode, manganèse et, en quantités moindres mais non négligeables, phosphore, sodium et potassium. Le rapport phosphore, calcium et magnésium permet une bonne assimilation du calcium. L’iode, consommée sans excès, intervient dans la synthèse des hormones thyroïdiennes. L’AFA est la microalgue qui contient tous les minéraux dont les quantités répondent aux apports quotidiens recommandés. Elle possède plus de cent quinze micronutriments. La spiruline et la chlorella renferment la plupart des minéraux dans des proportions raisonnables, et peuvent venir compléter d’une alimentation déséquilibrée.
Une alimentation préventive
D’une manière générale, les macro-algues sont intéressantes pour régulariser la glycémie, participer à une baisse du cholestérol (LDL), pour les problèmes d’hypertension, l’équilibre acido-basique, pour reminéraliser et dynamiser. Elles ont une action préventive pour le cancer du côlon et certains cancers hormono-dépendants, tels que le cancer du sein. Bien que la majorité d’entre elles contiennent des minéraux et des fibres, elles se distinguent toutes par une particularité : l’iziki et l’aramé sont reminéralisantes, la nori est riche en protéines et vitamines et l’algue wakame, dotée d’acide alginique, permet de drainer les métaux lourds ainsi que les ions radioactifs. Les micro-algues ont des actions communes sur les problèmes gastro-intestinaux et cardio-vasculaires, d’hypertension et d’hypercholestérolémie ; elles peuvent éliminer les métaux lourds, ont des propriétés détoxinantes, œuvrent au bon fonctionnement des systèmes immunitaire, nerveux et hormonal, ainsi qu’au maintien de l’équilibre acido-basique et donnent beaucoup de vitalité. La chlorella renferme un antibiotique naturel : la « chlorellane ». La spiruline agit très rapidement sur la malnutrition protéino-énergétique. L’AFA, elle, a une action très positive sur les cellules souches adultes de la moelle osseuse, nécessaires à la reconstitution des tissus de chaque organe.
Béryl Kitaeff - Naturopathe
Sources : Algues légumes de la mer, Carole Dougoud Chavannes ; PLANTES & SANTE n°41 de novembre 2004 ; www.ceva.fr ; www.naturosante.com ; www.passeportsanté.net
Article paru dans le journal Human & Terre n°39 Juillet/Août 2011