Les produits laitiers : il y en a à boire et à manger !
Nombre d’informations circulent sur les produits laitiers. Afin d’obtenir l’apport quotidien recommandé en calcium, certains conseillent de consommer trois laitages par jour, alors que d’autres préconisent de favoriser le calcium contenu dans les végétaux. Qu’en est-il exactement ?
En premier lieu, regardons de plus près la composition du lait de différents animaux et comparons-les avec le lait humain.
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Composition du lait de différentes espèces |
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100 g de lait de |
femme |
vache |
chèvre |
brebis |
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Protéines (g) |
1,2 |
3,3 |
3,7 |
5,3 |
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Glucide (g) |
6,9 |
4,6 |
4,8 |
4,4 |
|
Graisse (g) |
3,7 |
3,8 |
3,9 |
6,3 |
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Sodium (g) |
15 |
48 |
42 |
30 |
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Potassium (g) |
53 |
157 |
177 |
182 |
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Calcium (g) |
31 |
120 |
123 |
183 |
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Phosphore (g) |
15 |
92 |
103 |
115 |
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Magnésium (g) |
4 |
12 |
13 |
11 |
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Vitamine C (g) |
4 |
2 |
2 |
4 |
Comme on peut le remarquer, le lait humain est moins « riche » en protéines et minéraux que ceux des autres animaux. Cependant, est-il nécessaire d’avoir les mêmes quantités et qualités nutritives pour un nouveau-né que pour un veau ? Sachant que physiologiquement nous sommes différents, cela va sans dire que nous n’avons pas les mêmes besoins.
Pourquoi ces différences ?
N’oublions pas que ces qualités et quantités nutritives sont adaptées à notre physiologie. Le lait humain est riche en glucides et en lipides, dont les omégas 3 et 6 contribuent au développement du système nerveux central. Le poids du nourrisson va tripler lors de sa première année et son cerveau va croître deux fois plus vite que le reste de son corps. Chez les herbivores en revanche, ce sont les protéines et les minéraux qui, apportés en nombre important, contribuent plus à leur développement physique qu’à celui de leur cerveau. Rappelons en outre que les herbivores ont un système digestif différent du nôtre.
À l’origine de divers troubles
– Le lactose. Ce sucre est toléré durant toute la période d’allaitement. Celle-ci favorise l’absorption du calcium et l’implantation d’une flore intestinale de bonne qualité. Après la troisième année de l’enfant, la lactase, enzyme permettant de digérer ce glucide, diminue en quantité jusqu’à disparaître totalement. Cependant, certaines populations, telles que les Nord-Européens, conservent l’activité enzymatique de ce glucide à l’âge adulte. Pour d’autres, le lactose est métabolisé par des bactéries, cette transformation donne lieu à des produits de fermentation et des agents toxiques. Ceux-ci peuvent provoquer différents troubles.
Si le lactose se trouve naturellement dans les produits laitiers, il est utilisé dans l’industrie alimentaire comme émulsifiant mais aussi pour donner un goût sucré à divers aliments.
– La caséine. Les protéines de lait, ainsi que tous les métaux lourds contenus dans les produits laitiers, dégradent la paroi intestinale. Elles inhibent la seule enzyme, la peptidase PP4, capable de décomposer la caséine en peptides. Les problèmes de digestion et d’assimilation de cette protéine apparaissent. La protéine non transformée passe au travers de la paroi et c’est alors que le système immunitaire fabrique des anticorps qui se retournent contre l’organisme. On retrouve de la caséine dans différents produits alimentaires, autres que dans les produits laitiers, car celle-ci sert de liant.
Le calcium dans notre organisme
Le maintien de l’équilibre calcique dans l’organisme dépend de plusieurs facteurs. Il faut savoir que la structure osseuse se renouvelle continuellement. Le calcium, dont 99 % sont stockés dans le tissu osseux, assure la solidité de celui-ci et sert de fournisseur à l’organisme. Le reste, 1 % du calcium, participe au bon fonctionnement des systèmes cardio-vasculaire et nerveux ainsi qu’au métabolisme de plusieurs minéraux et vitamines.
Les hormones, chefs d’orchestre de la destruction et de la reconstruction osseuse, interviennent dans l’absorption du calcium. Les glandes parathyroïdiennes sécrètent la parathormone stimulant les ostéoclastes qui « cassent » le tissu osseux. Cette opération libère différents minéraux dans le sang, dont le calcium. Aussi, cette même hormone stimule la vitamine D qui agit sur deux organes, le rein et l’intestin. Le rein remet du calcium dans le flux sanguin. L’intestin absorbe le calcium, issu de l’alimentation, qui est ensuite transporté vers l’os par l’acide oléique (oméga 9).
D’un autre côté, la calcitonine, sécrétée par la thyroïde, inhibe les ostéoclastes, ce qui permet aux ostéoblastes de reformer le tissu osseux. Aidés des vitamines K et D, ceux-ci synthétisent une protéine spécifique des tissus osseux appelée « ostéocalcine ». La synthèse de cette protéine ainsi que la vitamine C et le magnésium permettent au calcium de se fixer sur la trame osseuse.
Attention au lait de vache !
Le calcium contenu dans le lait de vache est trop important pour notre organisme. En consommer abusivement peut entraîner diverses maladies. Le lait de vache est acidifiant pour notre corps, ce qui peut provoquer une déminéralisation. Il contient des hormones, pouvant contribuer au développement de cancers hormono-dépendants. Mais aussi, il peut être responsable de divers troubles – digestifs, ORL, de la peau –, ainsi que de diverses maladies du système nerveux, auto-immunes, articulaires...
Le but n’est pas d’éliminer totalement les produits laitiers, mais seulement d’être conscient de leurs conséquences sur notre santé. Cependant, dans le cadre de certaines pathologies, il est impératif de les arrêter. Pour d’autres, mieux vaut alors préférer des fromages de chèvre et de brebis et favoriser les légumes et les fruits qui contiennent suffisamment de calcium.
Béryl Kitaeff, Naturopathe
Sources : www.intolerancegluten.com ; Lait, mensonges et propagande,Thierry Souccar ; Le Lait, une sacrée vacherie, Dr Nicolas Le Berre ; L’Atout bio, changez d’alimentation, Pr Henri Joyeux ; L’Alimentation ou la troisième médecine, Dr Jean Seignalet.
Article paru dans le journal Human & Terre n°39 Juillet/Août 2011